Vous vous demandez pourquoi les enfants ont tant de mal à attendre ? Ce n’est pas de leur faute, c’est la notion de « durée subjective » qui les embête… 

 

Ça y est, c’est les vacances. Joie, excitation… mais aussi attente et frustrations pour les petits.

 

Attendre les vacances en famille, attendre de préparer les valises, attendre de partir en vacances avec papa, avec maman, avec les grands-parents, attendre la visite des cousins ou des copains, attendre de prendre le train ou l’avion. Attendre encore, attendre toujours.

 

Cet été, les occasions d’attendre et d’expérimenter la frustration ne vont pas manquer !

 

« Les études en psychologie du développement montrent que la durée la mieux perçue par les enfants est celle de l’attente. La frustration et l’attente permettraient la conscience du temps et de la durée. »(²)

 

Cela parait étrange, et pourtant quand on y pense, c’est justement la frustration et l’attente qui vont permettre à nos enfants de faire – très progressivement – la différence entre la “durée objective” et la “durée subjective”.

 

Pourquoi la semaine avant les vacances semble deux fois plus longue ?

 

Prenons un exemple pour mieux comprendre la différence entre “durée objective” et la “durée subjective” :

 

★ 5 dodos dans une semaine dite « normale », c’est la routine de la semaine, c’est mesurer le temps du lundi au week-end. Grâce aux rituels instaurés à l’école et à la maison, et aux outils de classe utilisés par les enseignants, les enfants parviennent à mesurer ce temps qui passe toujours à la même vitesse : c’est une durée objective.

 

★ Mais 5 dodos jusqu’à un événement spécial qu’on attend avec impatience, cela parait beaucoup plus long ! C’est ça la durée subjective. C’est celle qui fait dire à nos enfants : « C’est trop long d’attendre ! ».

 

Combien de fois avons-nous fait l’expérience de la durée subjective ! Cette dernière semaine de travail avant les vacances qui nous semble si longue, par exemple ? Même nous, les adultes, subissons cette durée subjective ! Mais la différence entre nous et les enfants, c’est que nous savons pertinemment que le temps ne fait que « sembler » être plus long. Les enfants, eux n’en ont pas conscience et le temps subjectif leur semble véritablement interminable.

 

La raison ? « Jusqu’à 4 ans, les enfants vivent le temps, mais ne le pensent pas ». Vers 4-5 ans seulement, ils vont prendre conscience des intervalles entre les événements. Et la notion de temps n’est finalement maîtrisée qu’à partir de 8 ans !(¹)

 

Visualiser les événements pour prendre conscience du temps d’attente

 

C’est pourquoi, pour les aider dans cet apprentissage du temps, nous utilisons des sabliers, des ephémérides et des calendriers. Le calendrier est un bon moyen de visualiser la durée. En plaçant les événements à attendre, nous permettons à nos enfants d’anticiper les événements à venir et de gérer l’attente.

 

Quand l’événement tant attendu approche, on compte les dodos. Cela permet aux enfants de mesurer le nombre de jours restants et de faire la différence, petit à petit, entre la notion de « durée objective » et celle de « durée subjective ».

 

Et nous parents, sans trop nous en apercevoir, nous les aidons à se repérer dans le temps de manière ludique !

 

L’apprentissage du temps est un long processus qui ne prend pas de vacances.

 

La routine, elle, peut bien faire une pause pendant l’été !

 

Bonnes vacances à tous !

 

 

 

 

 

 

 

Références:

(¹). « Les différentes facettes du temps », par Sylvie Droit-Volet

(²). « Séminaire Les rituels à l’école maternelle : La construction de repères du temps dans les activités ritualisées », par Jérôme DAMBLANT, PIUFM – Cécile BONNEAU, CPC – Martine DESPLANQUE et Jean-Charles SAMMUT, DEA